Nicolas Sarkozy bien suivi sur Twitter, mais des politiques peu concernés

Les politiques ont été peu nombreux à commenter l’intervention de Nicolas Sarkozy sur TF1 ce lundi soir.

Benoît Hamon (PS), en grande forme, Harlem Désir (PS), Razzy Hammadi (PS), Sandrine Bélier (Europe Ecologie), et Benoist Apparu, seul au milieu de la masse de twitteurs à défendre mollement -seulement deux tweets- la « parole UMP », étaient les seuls présents sur les réseaux sociaux ce soir.  Jean-Christophe Cambadélis (PS), lui, s’est contenté d’annoncer qu’il serait l’invité de RFI mardi matin pour commenter la prestation du chef de l’Etat.

Cécile Duflot (Europe Ecologie), avait prévu le coup, en publiant plus tôt sur le site de son parti une réaction à l’émission de ce lundi soir, dans lequel elle questionne notamment le choix des intervenants: « Le dit panel, dont on aimerait bien connaître les critères réels de sélection, sera uniquement composé de personnes âgées de 25 à 70 ans, excluant de facto deux populations parmi les plus exposées à la crise et à la précarité : les moins de 25 ans et plus de 70 ans. » Commentant sur Twitter après le débat: « Nous avons un président qui commente et qui s’agite. On souhaiterait plutôt un président qui agit ».

Alain Dolium (Modem), enfin, a averti ses followers qu’il participait à une rencontre avec des entrepreneurs d’Ile-de-France, organisé par le Medef ce soir, comme un pied de nez à Nicolas Sarkozy. Il a plus tard twitté « Au lieu de parler des français, Nicolas Sarkozy a parlé de lui ».

Frédéric Lefèbvre n’a commenté l’intervention du Président qu’après coup: « Courage, Clarté, vérité et franchise : les clés de la réussite du débat de Nicolas Sarkozy avec les Français ». Ce à quoi le journaliste Pascal Riché répondait ironiquement « Et génie? ».

A signaler, l’initiative du Parti Socialiste de relayer les tweets de ses cadres sur son site Internet, dans sa page « Le discours de Nicolas Sarkozy commenté en direct par les socialistes ». On notera l’emploi du mot « discours »…

Côté journalistes et internautes, différents thèmes ont retenu l’attention. D’abord, l’attitude passive – bien qu’attendue- de Laurence Ferrari et Jean-Pierre Pernault, qui devaient respectivement interviewer Nicolas Sarkozy en fin de journal et animer le débat qui suivait, a été fort critiquée. Ainsi, l’internaute Walid Berrissoul questionnait  ironiquement: « c’est moi ou ça fait 15 minutes que JP Pernault essaye d’en placer une…y’a un journaliste sur le plateau? ». Et le journaliste Quentin Girard de commenter: « Le français moyen est quand même meilleur que Laurence Ferrari pour poser des questions ».
L’étrange décors de l’émission a également suscité des moqueries, comme en atteste ce tweet du journaliste Vincent Glad: « C’est Caméra Café qu’a prêté le décor ou quoi ? » ou encore celui du twitteur antoon619: «  On se croirait dans la Cafet’ de Premiers Baisers ».

Le choix des invités a soulevé nombres d’interrogations, même si l’on savait qu’ils étaient tous apparus dans des reportages de TF1. Ainsi, l’internaute  Cédric Garrofé a provoqué un petit buzz en révélant, photo à l’appui, qu’une des membres du panel, avait déjà rencontré François Fillon.  Un autre journaliste, Olivier Tesquet, a découvert que l’un des membres du panel était responsable du Medef dans sa circonscription. Concernant le membre du panel supposé représenter la banlieue, le twitteur Jean-Philippe Louis a noté: « Le seul black présent sur le plateau c’est l’homme qui a participé au reportage de Roselmack sur les banlieues. ». Le syndicaliste Pierre le Méhanès, membre du panel, a pour sa part eu son petit succès -étant le plus vindicatif. Il a désormais sa fan page sur Facebook.

Concernant les thèmes du débat, rien d’inattendu: chômage, emploi, charges patronales, identité nationale, retraites… ont été évoqué. Les politiques les plus vindicatifs furent Harlem Désir (« Sarkozy invente l’ultraliberalisme compassionnel: semblant de vous ecouter mais je continue casse sociale et baisse dimpot pour plus riches ») et Benoît Hamon (« NS « C’est nous qui payons, heu, c’est vous qui payez.  » il a avoué! »). Parmi les twitteurs, le thème le plus porteur a été l’emploi, puisque nombreux étaient ceux relevant les réponses « à côté de la plaque » de Nicolas Sarkozy: «Il va répondre de manière générale, obtuse et détournée à chaque question ? » (jeremyjoly). Dans le fond, beaucoup commentaient la manière dont Nicolas Sarkozy évoquait le « travailler plus pour gagner plus » en réponse à des questions sur le chômage.

C’est surtout l’attitude de Nicolas Sarkozy qui a fait réagir. Rares étaient les internautes prenant position en faveur du chef de l’Etat. La majorité des twitteurs notaient une attitude de « candidat en campagne » plutôt que celle d’un Président en exercice depuis deux ans. «  Toujours un discours de candidat. « C’est anormal », « c’est inadmissible ». Y’a un moment où il est président? » demandait le twitteur Todac, tandis que la rédaction de Rue89 notait que Nicolas Sarkozy ne s’adressait par leurs prénoms qu’aux femmes (et aux deux membres du panel respectivement noir et d’origine arabe).

Par ailleurs, la réthorique du Président, bien connue, consistant à affirmer par la négation et à user de tournures creuses,  a été abondamment commentée. Florilège: « Je dois à la vérité de le dire » » (Julie Guilbault), « « Juste un mot pour être précis » J’adore ce genre de phrase » (Christophe Gueugneau).
Les phrases aux tournures maladroites n’ont pas échappé aux twitteurs, à commencer par l’internaute osloohara: «  « J’ai un bail de 5 ans ». Non Sarkozy tu as un mandat. La France n’est pas un appart. » et le journaliste Julien Martin « Ah oui, note pour #Sarkozy « bien incapable de traire le lait » : ce n’est pas le lait qu’on trait, c’est la vache ! ».

Enfin, le débordement de plus d’une heure de l’intervention du Président, qui devait prendre fin à 21h30, a provoqué des piques des internautes. En vrac: remarques ironiques sur le manque à gagner pour TF1 puisque la publicité qui devait être diffusée n’a pu l’être (tontonPF: « La régie pub de TF1 doit être au bord de l’arrêt cardiaque »), références à Obama qui, lui, « s’arrange pour ne pas déprogrammer la série Lost » lorsqu’il intervient à la télé » (la série SoeurThérèse.com, qui était prévue au programme, est passée à la trappe), ou encore piques contre France 2, « victime » collatérale de ce débordement, qui a débuté son émission bilan avant la fin du débat.

K.H.-G.

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Classé dans Bulles politiques, Dans le bocal, Panier de crabes, Pêche aux idées

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