Campagnes numériques : cap ‘Huchon2010’

Il y a quelques jours l’équipe de campagne du candidat socialiste aux Régionales en Ile-de-France Jean-Paul Huchon lançait le tout premier space mob, interface numérique utilisant Facebook pour toucher les jeunes électeurs. Le dernier-né de la campagne Huchon2010 s’inscrit dans une réflexion stratégique plus large et à moyen terme, qui trouve son origine aux États-Unis.

D’après l’équipe Web de Jean-Paul Huchon, tout est parti de l’analyse de la campagne de Barack Obama, lancée dès 2007, et qui a largement investi les écrans des électeurs américains. Laboratoire d’étude à ciel ouvert, elle a semble-t-il fait des petits en Ile-de-France. « Tout le monde n’a pas compris ce qu’a fait Obama, assure-t-on dans l’équipe, même si tout le monde l’a étudié. Le Web est un sujet à part entière, ça n’est plus une simple variable d’ajustement, on ne peut se contenter d’y copier-coller un tract ».

« A l’avenir, le web deviendra central »

Un site Internet, une utilisation plus systématique de Twitter, et désormais une application spéciale sur Facebook: le développement du numérique dans la campagne socialiste s’accompagne d’un monde nouveau, différent, avec ses propres codes que sont l’immédiateté, le bouleversement des normes hiérarchiques, et la proximité. « Les moyens traditionnels peuvent être chiants », estime-t-on dans l’équipe, pour qui, sur le Web, il y aurait moins de langue de bois. Autre élément nouveau : les e-militants, internautes aguerris et actifs politiquement, se sont invités dans la campagne. Ils sont ainsi nombreux à relayer bénévolement le message de Jean-Paul Huchon, utilisant leur savoir-faire pour toucher un public plus large.

Insistant sur son côté « informatif« , dans la veine d’un ‘News Mag’, l‘équipe Web de Jean-Paul Huchon a souhaité faire du site Internet Huchon2010.fr l' »outil d’une campagne séduisante, un véritable instrument d’éducation civique« . Une plateforme qui permettrait aux 11 millions de Franciliens de mieux connaître leur région.

Le numérique, c’est en outre l’occasion de rapprocher les électeurs potentiels du candidat Huchon. Matériel spécifique au Web, les vidéos tournées lors des différents déplacements du président sortant mises en ligne uniquement sur le site, permettent à la « campagne numérique » de ressembler à Jean-Paul Huchon, « sérieux mais sympa et coloré ».

De ce point de vue, la campagne numérique permet de nettes avancées en termes de communication ; un « bon signe » pour l’avenir. Et s’il est vrai qu’aujourd’hui les 35/40 ans sont les plus réceptifs en ligne, « à l’avenir, le web deviendra central », assure-t-on dans l’équipe. Qui reste consciente de la portée limitée qu’aurait l’utilisation d’outils trop pointus: « Le Tweetdeck, les alertes Google… sont des trucs d’initiés. Il ne faut pas en sous-évaluer l’effet, mais il ne faut pas le sur-évaluer non plus. »

« Le net ne doit pas être une poubelle »

Une campagne numérique « clean et maîtrisée » : les objectifs affichés par l’équipe n’empêchent pas les dérapages. Ainsi Anne Hidalgo, tête-de-liste PS à Paris et twitteuse invétérée, utilise cet outil pour attaquer régulièrement, avec plus ou moins d’humour et de pertinence, ses adversaires à l’UMP.

L’aspect pernicieux du numérique, confesse-t-on dans l’équipe web, réside dans la nature même du média numérique, espace fondamental de liberté où l’anarchie a vite fait de s’insinuer. Une campagne sur Internet, « ça part dans tous les sens ». Entre travail de veille et rôle modérateur, l’équipe est sans cesse aux aguets.

Car pour eux, le net ne « doit pas être une poubelle, il ne faut pas tomber dans la facilité », ni « en faire un instrument de guerre ». Et de tacler au passage la tête-de-liste UMP en Ile-de-France: « On ne veut pas faire du Pécresse ». Ajoutant, comme pour défendre -ou relativiser- les railleries récurrentes de leur collègue Hidalgo, « on ne contrôle pas toujours les proportions que peuvent prendre certaines choses sur le Web ».

Huchon2010…PS 2012 ?

Au-delà de ces dérapages, la campagne Huchon2010 ambitionne aussi d’être un laboratoire, un « draft général, une tentative permettant de voir ce qui prend ou pas », et qu’il faudra analyser avec beaucoup de recul après le 21 mars.

Interface temporaire, le space mob participe de cette grande expérience. Insistant sur la « volonté de Jean-Paul Huchon d’y consacrer du temps et de l’énergie », son équipe Web se prend à rêver d’une campagne numérique « positive, un peu classe, qui resterait dans l’inconscient collectif ». Avec cet outil, le candidat Huchon espère bien conquérir un public jeune omniprésent sur les réseaux sociaux, mais qui déserte immanquablement les isoloirs au moment du vote. Au-delà, d’autres outils devront être inventés afin d’évoluer vers des stratégies numériques de long terme.

A.R. et K.H.-G.

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